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Les méthodes de levage des meules

Lorsque le meunier désire rayonner ou rhabiller ses meules, il doit lever la meule supérieure (la "courante"), pour la retourner et dégager la meule inférieure (la "dormante"). Le poids de chaque meule dépassant la tonne, on comprend la nécessité qui s’est fait sentir de la mise au point de moyens de levage faciles à manœuvrer pour le meunier.
Dans nos régions, nous n'avons connaissance que de deux méthodes pour ce levage, chacune présentant quelques variantes. Nous les décrivons dans leur principe, en nous abstenant de préciser le détail des manœuvres.

Première méthode : meule soulevée par un seul point d’ancrage.

C’est la méthode la plus ancienne. Elle remonte probablement a la période des ailes à voilure en toile, alors que les moulins n'étaient pas très hauts.

Dans la courante, sur le côté, est scellée une boîte trapézoïdale dans laquelle le meunier introduit successivement les pièces en acier l, 2, puis 3 bloquant les deux premières, pour former une queue d’aronde (Figure.1)

Ces trois pièces sont maintenues solidairement entre elles et à une manille 4, par une vis 5 empêchant leur arrachement de la meule.

Agrandissement

La corde de levage est attachée par une de ses extrémités à cette manille.

L'autre extrémité est enroulée:

- soit sur l’arbre porte-verges (variante décrite par Marcel BARBIER pour son chandelier de MOUTIERS-en-BEAUCE , (Fig.2), et un aide fait tourner cet arbre à la main en poussant sur les verges.

Agrandissement

- soit, après l’avoir généralement fait passer par une poulie de renvoi accrochée, au- dessus de la meule et par l’intermédiaire d’un moufle, à un treuil à cliquets (Fig.3),

Agrandissement

La Figure 4 représente un système propre a certains caviers.

Agrandissement

La courante était alors soulevée d'abord verticalement; puis, après avoir été retournée de 180° pour présenter sa face travaillante sur le dessus, recouchée :

• soit à côté de la dormante, si l'agencement du moulin le permettait (figure 2);

• soit, par l'intermédiaire de cales, sur la dormante Dans ce cas, lors du rhabillage de la dormante, la courante est posée, pendant ce travail, verticalement le long du mur.

d’après dessin de Michel RACLIN

Deuxième méthode: meule soulevée par deux points d 'ancrage.

C’est la méthode la plus récente et la plus pratique, généralement utilisée quand la hauteur au-dessus des meules le permettait.La courante possède, en deux endroits diamétralement opposés de ses flancs, une cavité cylindrique servant de point d'ancrage,Pour soulever cette courante, on l’accroche, par des goujons pénétrant dans chacune de ces cavités, à un croissant métallique, demi-cercle d’un diamètre légèrement supérieur à celui de la meule. Ce croissant est solidaire, a sa partie haute, d'une vis sans fin verticale passant;- soit à travers une potence (Fig.5):

Agrandissement

Agrandissement- soit à travers le plancher supérieur (Fig.6) : cas des moulins-tours de la Marmite, à ANGRIE, et du Ratz, à CHALLAIN-la-POTHERIE.

En tournant le volant situé au-dessus de la potence ou du plancher supérieur (ou en tournant la courante à la main), la vis sans fin s'élève, soulevant cette courante par le croissantUne fois la courante soulevée à une hauteur de plus de la moitié de son diamètre, elle est très .facilement retournée de 180° en pivotant autour des goujons situés dans ses cavités, puis rabaissée, pour reposer à l'envers, par des cales, sur la dormante.Dans le cas de potence, celle-ci peut pivoter, permettant, lors du rhabillage de la dormante, de dégager celle-ci. Lorsque le moulin a deux paires de meules, la potence est placée sur leur axe de symétrie, afin de pouvoir lever l'une et l'autre courante.

Quelquefois, le croissant est composé de deux demi-croissants, reliés et articulés entre eux à leur raccordement à la vis sans fin, (Fig.7).
Dans son livre: "Le Moulin à vent et le meunier", Claude RIVALS signale une variante (page 172, moulin de CAMBIAC), dans laquelle la vis sans fin est soutenue à des poutres horizontales disposées par paire et formant glissière.

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Autre méthode : meule soulevée manuellement.

Dans son livre, "Les Moulins", Jean ORSATELLI décrit une méthode entièrement manuelle, sans appareil de levage (signalée également à la page 172 du livre de Claude RIVALS).

A l’aide de coins, dont certains à paliers (dits "orgueils") et d’un levier, la courante est soulevée peu à peu, posée sur des rouleaux, ce qui permet de la glisser, puis de la basculer à côté et légèrement en contrebas de la dormante, (fig.8).
II était même possible, paraît-il, de la basculer à nouveau pour la retourner complètement !

Agrandissement

Extrait du Bulletin de l’A.M.A. (Amis des Moulins de l’Anjou
Texte écrit et figures dessinées par Étienne de VILARET
après indications données par Charles CROIX, charpentier-amoulageur

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