Congrès 2005

Congrès de la FFAM en Auvergne :
premières impressions, premières images.

Accueil chaleureux au Moulin de l'Étang par les Amis des Moulins d'Auvergne.

Une bonne centaine de participants avaient annoncé leur venue. Dès le vendredi soir, nous nous pressions nombreux, autour des tables du Moulin de l'Étang à Bourg-Lastic, où Michèle et Franck Madebène avaient décidé de nous accueillir.
Le beau temps était de la partie : il ne devait pas nous lâcher durant les trois jours. Les amis des Moulins d'Auvergne étaient là avec les badges, les programmes et les petits cadeaux.
D'entrée, la visite des deux moulins : celui de nos hôtes dont la roue métallique à augets est alimentée par un étang : il a fonctionné comme filature et carderie jusqu'à la guerre de 39/40, et le Moulin de Poisson, à Bourg-Lastic également, avec aussi une belle roue à augets métallique extérieure Photo " poisson "
Après les discours d'accueil d'usage, tout le monde se retrouve autour d'un somptueux buffet apéritif, dégusté avec entrain et grand plaisir mais qui nous fait appréhender le repas du soir.

Le samedi, un copieux programme de visites.

Huilerie de Blot-l'Église : entreprise professionnelle où un ancien attaché de direction d'un laboratoire cosmétique s'est installé en 1997 pour refaire de l'huile, de noix, de noisettes, de colza, d'amandes, de pistaches, d'oeillette et même… de cacahouètes.

La visite de Blot

Bernard Bouleau et son épouse accueillent notre groupe " à la porte du moulin : crée en 1857 par M. Touzet, elle n'était qu'une annexe d'un commerce d'épicerie bar. Le cheval " Poulette " qui faisait fonctionner l'huilerie est remplacé en 1932 par un moteur électrique.

La meule, en granit de la Sioule est l'origine et pèse 1600 kilos. Elle reçoit 12 kilos de cerneaux qu'elle va réduire en pâte en une heure. La pâte est mise ensuite à chauffer dans la poêle puis pressée dans une presse hydraulique.

Blot : la meule
Agrandissement

Notre groupe, chaleureusement reçu par les " huiliers " s'est attardé avec plaisir dans cette huilerie et dans son magasin de vente. Les discussions ont été longues et animées.

Moulin des Desniers, à Charbonnières-les Vieilles : c'est un moulin farinier datant du 17e siècle, époque où son unique paire de meule était dédiée au seigle. Il fut agrandi au 19e siècle et doté d'une paire de meules supplémentaire destinée à la mouture du froment. Il cessa son activité en 1954. La famille de la propriétaire actuelle le possède depuis 1905. Sa restauration fut entreprise en 1993 par Jean-Luc Burel, fondateur de l'ARAM Auvergne. Il a maintenant une vocation purement pédagogique et accueille le public toute l'année, ainsi que les écoles et les centres de loisirs. Il possède un four où le meunier fait l'École du pain.

Le moulin Desniers

Le moulin des Desniers est situé dans le Parc des Volcans d'Auvergne. Il est au centre d'un ensemble de bâtiments d'habitation de belle facture. Sa roue à augets est alimentée par le " Gour ", petit ruisseau prenant sa source au Gour de Tazenat.

De la cour on rentre au rez-de-chaussée du moulin qui abrite la transmission. La chambre des meules, magnifique, d'où l'on sort de plein pied vers le bief, formant étang, se situe au premier étage ; on y trouve deux paires de meules et deux remarquables bluteries à pans dont une est opérationnelle.

Les meules
Agrandissement

" Je vais vous démontrer qu'un moulin est toujours dangereux ". A cette réflexion du meunier, Claude Catteau ? Tous les regards des visiteurs se tournent vers lui, attentifs !

Moulin des Palles, à Charbonnières les Vieilles. Il y avait déjà un meunier à " Las Pallas en 1649. On garde la trace d'une dizaine de meuniers, jusqu'à ce que Albert Batteux, le dernier le ferme dans les années 1960. Dans les années 70, il devient la résidence secondaire d'un parisien qui le vend à un autre propriétaire qui s'occupa des extérieurs. André Benoit le rachète en 1992 et en fait sa résidence principale. Le bâtiment du moulin est en belle pierre, parfaitement restauré.

Le moulin Palles

Ce moulin possède une belle roue à augets de 5 m de diamètre et 75 cm de large. Elle est alimentée par un bief de 250 ms de long qui prend naissance dans le ruisseau venant du Gour de Tazenat, qui approvisionne une retenue de 1500 m3.

Le matériel d'un grand intérêt est conservé et mis en valeur, telle cette rotonde remarquable par la dimension de ses pignons. Le rouet de fosse dépourvu d'alluchons permet à la roue de tourner malgré le débit relatif du bief. Dans la même pièce ont peut admirer une belle collection d'outils agricoles de toute nature, très bien entretenus.

Le rouet

Moulin de Plazenet, à Montcel. Sur la commune de Montcel, le lieu-dit LE PONT était un centre important de meunerie avec pas moins de 5 moulins. Le moulin Plazenet, installé sur un terrain très accidenté, fut à l'origine moulin farinier. Il est démoli en 1842. Une nouvelle construction s'édifie entre 1854 et 1857 et s'y installe une carderie qui parvint à faire travailler 13 ouvriers. Une huilerie est installée en 1872 et vers 1885 le moulin est à nouveau restauré et s'installe un ensemble moulin à farine huilerie, carderie qui fonctionna jusqu'en 1938. En 1982, le propriétaire actuel le rachète et décide de le restaurer. Nous avons visité également un deuxième moulin plus petit de l'autre côté de la rivière, " en plaine " ! Il est très semblable au précédent.

Le moulin Plazenet

En 1882 le moulin n'est plus que ruine : fondations fragilisées, bâtiment effondré, murs fissurés, roues pratiquement disparues, bief obstrué. 20 ans de travail en perspective ! Le déblaiement commence en 1985. En 1994, le bâtiment est rénové, toiture comprise. En 1998, le bief de 700 mètres est recalibré.

Cet important moulin multifonctionnel était équipé de deux roues à augets placées en tandem. La première a revu le jour en 1999, la seconde en 2005. Elle entraîne chacune une paire de meules par des mécanismes distincts. Une transmission transmet le mouvement à la meule à huile à deux pierres. La restauration de ces mécanismes et artifices reste à réaliser.

Les roues du moulin Plazenet

Moulin de Villonne, à Durmignat : ce moulin est d'une autre nature que les précédents, il appartient à une autre génération. En 1886, Jean-Auguste Perronnin, et son épouse décident de construire un moulin. Ils choisissent le site de Villonne, à Durmignat. L'enquête du 10 septembre 1886 leur attribue un droit d'eau et les travaux commencent. Cet important moulin à 3 paires de meules et 3 bluteries entraînées par une roue à augets de 3,80 m de diamètre et 1,50 m de largeur va fonctionner à plein régime pendant 20 ans avec 5 domestiques. En 1905, les meules sont remplacées par 4 appareils à cylindres, les bluteries par une planchister et une bluterie centrifuge ; on ajoute un nettoyage, une machine à vapeur pour pallier le manque d'eau. En 1923, le seul fils survivant reprend l'affaire avec sa mère : il continue la modernisation, mélangeuse à farine, camion de 5 tonnes, moteur diesel, turbine. Le propriétaire actuel est son fils : il a exploité le moulin jusqu'en 1969, avec son frère.

Le moulin Villonne

Au fond, l'ancienne minoterie ; Le bâtiment au fond à droite abrite une moulin de toutes pièces par Georges Peronnin et ses deux fils : un moulin sans roue n'est tout à fait un moulin à leurs yeux. Ils construisent donc un bâtiment neuf avec deux paires de meules et les bluteries. Une roue à augets entraîne l'ensemble.

On discute ferme autour du magnifique moteur diesel Winterthur, qui marche comme une horloge. Plus faible d'utilisation que la machine à vapeur, il fut installé en 1924.

Le moteur Winterthur
Appareil à cylindres Wegman

La pièce la plus intéressante du moulin neuf est sans conteste cette appareil à cylindres de la fin du 19e siècle, fabriqué par Friedrich Wegman, à Zurich, avec ses cylindres … en porcelaine.

Le samedi soir : la fête.

En rentrant le soir, avant et après le repas, les congressistes ont apprécié les danses et chants d'un groupe folklorique, ils ont pu dansé eux-mêmes. La soirée de cette journée bien remplie, s'est terminée par le tirage de la tombola.

Le dimanche : vente d'ouvrages et Assemblée générale

L'Assemblée générale s'est déroulée dans une excellente ambiance. Plusieurs présidents ou représentants avaient fait le déplacement spécialement pour y participer. 35 associations étaient présentes ou représentées. Tous les votes se sont faits à l'unanimité. Plusieurs associations et adhérents présentaient des ouvrages à la vente, parfois des nouveautés, comme " les Moulins en s'amusant " des Amis des Moulins d'Anjou. Nous y reviendrons par ailleurs.