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Moulin de Cubolot, Métairies-Saint-Quirin

Le moulin de Cubolot renaît.

Le moulin de Cubolot, vous connaissez ? Peu de gens de la région de Sarrebourg pourraient sans doute répondre affirmativement, sinon les habitants des proches environs et les historiens ayant fait des recherches sur le sujet.
Et pourtant il existe bien et ce depuis plusieurs siècles, faisant partie à l’origine des biens du Prieuré de Saint-Quirin, donc des moines de Marmoutier dont il était une manse. Il est situé sur la Sarre Rouge, sur le ban de la commune de Métairies-St-Quirin, à la sortie du hameau de Cubolot en direction d’ Abreschviller.

Un peu d’histoire

Il bénéficie d’un droit d’eau perpétuel confirmé par l’ordonnance royale du 10 octobre 1829 portant règlement d’eau. C’est donc un ancien moulin à blé, aucun texte ne mentionnant qu’il ait moulu d’autres récoltes. Il était équipé de deux roues hydrauliques en dessous ce qui veut dire qu’elles reçoivent l’eau qui les actionne par en dessous. Contrairement à la plupart des autres moulins de la région, toujours installés sur un canal de dérivation, celui de Cubolot est alimenté directement par les eaux de la rivière, sans doute depuis le 19e siècle, comme le montrent les textes et plans des Archives départementales de la Moselle. A l’origine il est possible qu’il ait été alimenté par un canal de dérivation et que ce dernier soit devenu le nouveau lit de la Sarre, comme c’est le cas aujourd’hui. Historiquement deux roues étaient nécessaires -deux tournants comme le mentionnent les textes de l’époque- afin de combler l’absence de hauteur de la chute d’eau et un débit à peine suffisant en été et le flottage des trains de bois passait par le déversoir jusqu’à la fin du XIXe s.
En 1837 le meunier est Augustin Mangin, également meunier du moulin de Nitting.
En 1865, René Bournique est meunier au moulin de Cubolot dont il est propriétaire et il déplore que les eaux de la Sarre Rouge aient produit deux échancrures préjudiciables à une de ses propriétés traversée par la rivière au lieu-dit « Au-dessus du moulin de Cubolot ». Il demande, en conséquence, l’autorisation de faire exécuter des travaux défensifs sur les deux rives de la Sarre Rouge, le long de ses terrains, en utilisant, pour moyen de défense, des fascinages maintenus par des pierres et des enrochements.
Trois ans plus tard, en 1868, les sieurs Bournique et Ristroph demandent l’autorisation de rectifier le lit de la Sarre Rouge formant canal de fuite du moulin. Voici la réponse de l’Ingénieur ordinaire de l’Arrondissement :
« Vu que la rectification demandée est de peu d’importance et qu’elle doit se faire uniquement sur les propriétés des sieurs Constantin Ristroph et René Bournique, pétitionnaires, qu’elle sera favorable au flottage et ne pourra porter aucun préjudice aux propriétés situées en aval de cette rectification, il ne paraît pas nécessaire de soumettre cette demande à une enquête.
Considérant que les pétitionnaires fournissent le nouveau lit et que rien ne s’oppose dès lors à ce qu’on abandonne le lit actuel,
L’Ingénieur ordinaire de l’Arrondissement chargé du service de la navigation et du flottage, arrête ce qui suit :
Les sieurs Ristroph et Bournique , propriétaires demeurant à Abreschviller et également propriétaires au moulin de Cubolot, commune de Métairies-St-Quirin, sont autorisés à rectifier le canal de fuite du moulin au lieu-dit « Sous le moulin de Cubolot ».
Il convient de préciser que, dans les cas de demandes d’autorisation d’effectuer une prise d’eau dans la Sarre Rouge, il y avait souvent opposition du propriétaire du moulin de Nitting, fondée sur la double crainte de l’absorption des eaux d’irrigation par le sol et du détournement des eaux dérivées jusqu’en aval de son usine.
Il a cessé son activité de moulin à la fin du XIXe siècle mais a encore servi, par la suite, à faire fonctionner une batteuse à blé, un concasseur à grains et même à actionner une petite dynamo à usage domestique.

Restauration de l’écluse

Propriété de la famille Sehmann depuis 1936, il appartient aujourd’hui à la fille Anita épouse de Jean-Claude Kustner. C’est lui qui a souhaité réparer les installations, notamment l’écluse bien abîmée et la roue complètement démolie. Un dossier a été déposé et les Voies Navigables de France ont confirmé, en 2005, que ces installations pouvaient être restaurées à condition de respecter les données antérieures. Fort de cette autorisation, ainsi que de l’aide financière obtenue de Leader+ par l’intermédiaire du GAL Moselle Sud, du Conseil Régional et du Conseil Général, il a donc envisagé de remettre en état de fonctionnement l’ensemble de l’ouvrage, à savoir l’écluse, le déversoir et la roue à aubes. Ces travaux, exécutés selon les exigences écologiques en vigueur, sont en voie d’achèvement, la nouvelle roue vient d’être posée et… fonctionne comme autrefois.
La force motrice ainsi fournie permettra d’activer un alternateur qui sera donc en mesure de produire du courant électrique.

A l’avenir

L’idée de Jean-Claude Kustner est aussi de réhabiliter le bâtiment situé dans la vallée de la Sarre Rouge afin de lui redonner une âme, sauver une partie intéressante de son patrimoine et contribuer ainsi à son développement touristique. Un projet de chambres d’hôtes est en cours dans les parties anciennes du bâtiment et cet ouvrage pourrait être ouvert aux écoles dans le cadre d’un projet pédagogique sur l’énergie renouvelable.
Et comme le précise M. Kustner « le temps n’a pas altéré l’allure de ce moulin, mon souhait est de faire renaître un passé ».