previous arrow
next arrow
Slider

Moulin noir, Tinchebray

Le 11 octobre dernier, Pierre et Monique Jouin ouvraient les portes du Moulin Noir à leurs amis à l’occasion de l’inauguration de la nouvelle roue. On fêtait en même temps les 400 ans de ce moulin dont on trouve trace dans les archives relatives à Tinchebray, petite commune de l’Orne.

Dès 1608, sous le nom de Moulin du Pré au Trésor, les Duchemin, propriétaires d’alors, utilisent ce moulin pour polir, aiguiser et affûter les couteaux. L’artisanat de la coutellerie est connu très anciennement dans cette région et notamment au bord du Noireau, la rivière qui actionne la roue à augets du moulin.

Vers 1750, on apprend que le moulin à couteaux a été transformé pour fabriquer de l’huile. Ce sera sa destination pendant une centaine d’années.

Puis arrive un évènement avec le nouveau propriétaire. En effet, en 1864, Germain Aimable Lenormand obtient du Préfet de l’Orne l’autorisation de convertir en fabrique de noir animal le moulin à huile. Pour ce faire, une cheminée de 10 mètres de haut est érigée. Mais qu’est-ce donc que le noir animal ? Ce sont des os d’animaux calcinés, broyés en une poudre qui servira à blanchir le sucre de betterave lors du raffinage de celui-ci. C’est sans doute un destin unique pour un moulin à eau. Et c’est de cette époque que date le nom actuel : Le Moulin Noir !… Il ne reste malheureusement aucune trace de cette époque.

1919 marque un nouveau tournant. Victor Jouin, fabricant de quincaillerie achète le Moulin Noir. On y fait de la farine, et Georges Jouin, le fils de Victor fera tourner le moulin à plein régime pendant la Seconde Guerre mondiale pour aider la population. Il sera le dernier meunier.

Pierre Jouin, le fils de Georges, habite toujours les lieux et, conscient de la valeur de ce patrimoine, a entrepris la réfection de la roue. C’est l’entreprise BLANCHET qui s’en est chargée.

Ajoutons que l’inauguration de la roue a été l’occasion de se replonger dans le cadre de la vie des anciens occupants, reconstituée par la famille Jouin dans les dépendances du moulin toujours muni d’une bonne partie de ses équipages.