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Le 20e congrès de la FFAM, organisé par l’Association vendéenne de sauvegarde des moulins , s’est tenu du 24 au 27 avril à Saint-Hilaire de Loulay sur le thème : « Moulins de Vendée, Patrimoine vivant »

Extrait d’un article de 8 pages de Françoise Bouillon. Photos de l’auteur.

Le vendredi 24 avril, dès 13 heures, les congressistes sont reçus à l’espace Yprésis, où se dérouleront les conférences, l’assemblée générale, la bibliothèque d’ouvrages régionaux et le salon professionnel. Les ateliers-conférences sont ouverts par Robert Birot, président de l’AVAM, Jean Moreau, Président d’honneur, et Alain Forsans, président de la FFAM.

1 – L’atelier-Patrimoine développe la spécificité des moulins de Vendée, thème du congrès, avec l’AVAM mais aussi la Fondation du Patrimoine. Ses dispositifs ont apporté leur concours à 47 restaurations de moulins en Pays de la Loire (restauration du Moulin à vent Baron) . Une intervention de Mme Bodmer concernait également la restauration des moulins à vent de Patmos en Grèce dont Jean Moreau fut l’un des artisans.

2 – L’atelier juridique, très attendu, était tenu par Me Jean-François Rémy, avocat à Nancy et défenseur de la FFAM. Les sujets de discussion furent fort nombreux : droits et devoirs des propriétaires, législation, structures administratives en charge de l’eau, contradictions et abus de la politique de l’eau, actions de la FFAM, etc…

3 – L’atelier technique se proposait d’informer sur le métier de meunier et la panification, avec divers intervenants et dégustation commentée de pains, préparés avec différentes farines de meules

Le samedi est traditionnellement une journée de visites de moulins. On été visités, le Moulin du Liveau à Gorges, sur la Sèvre Nantaise Le site du Liveau comportait 2 moulins à farine (attestés depuis le XVe siècle) de part et d’autre de la chaussée. Au temps fort de son activité, le complexe disposait de 4 roues hydrauliques. En 1826, la Baronne Bertrand-Geslin transforma le moulin de la rive droite en moulin à papier, activité plus prospère à cette époque, et construisit le séchoir (étendoir). Malheureusement, au début du XIXe siècle, cette technique traditionnelle de fabrication du papier était déjà obsolète. En janvier 1850, le moulin du Liveau redevint farinier.  Le moulin fut abandonné durant les années 1950. Ayant acquis le site en 2003 afin de le préserver de la ruine, la commune avait pour objectif de lui redonner vie, en cohérence avec son passé et avec les objectifs de développement touristique et culturel de la communauté de communes. Le moulin du Liveau accueille les activités de l’association Pour les Arts Graphiques en Vallée de Clisson, qui anime des « ateliers découverte » sur le papier et sa fabrication. Nous seront expliquées ainsi toutes les étapes de la création du papier, depuis la pâte jusqu’à la feuille et même l’impression.

A la Minoterie Suire à Boussay sur la Sévre, , nous parcourons les salles de production, avec 14 paires de meules de pierre habillées d’archures neuves, puis la salle de la turbine et l’atelier de conditionnement et de stockage. L’histoire de la famille Girardeau et de la meunerie débute avec l’achat en septembre 1895 du Moulin du Feuillou… La lignée des Girardeau, de père en fils et de mère en fils, s’est depuis consacrée à la production de farine. Ils seront trois “Eugène” à reprendre le flambeau avec passion et exigence. « Ainsi naît la vision d’un métier tourné vers la qualité et l’obtention de la meilleure farine panifiable : choix du blé, analyses, hygiène… Avec Jean-Pierre, fils du dernier Eugène Girardeau, le moulin prend sa dimension industrielle et se consacre exclusivement aux farines panifiables à destination des artisans boulangers. » Sa femme Alice, puis leur fils Bertrand poursuivent l’histoire du moulin. Bertrand achète la minoterie Suire à Montaigu en 1987 et y développe un des plus beaux moulins à meules de pierre, dédié aux farines expertes et biologiques ; puis la délocalise à Boussay dans le moulin familial du Feuillou, en lui conservant son nom, synonyme d’expertise et de qualité.

Le Petit Moulin de Chateauneuf, à la pointe nord de la Vendée est un moulin-tour construit en 1703 sur les bases d’un ancien moulin en bois datant du XVIe siècle, il n’a jamais cessé de moudre depuis. En 1982, il abandonne sa voilure en toile pour s’équiper du système à planches Berton. Le Petit Moulin de Châteauneuf , c’est une famille, les Vrignaud qui se transmettent, de père en fils. Hélas, l’exploitation du moulin devient trop lourde, financièrement et en charge de travail ; Michel et Annette Vrignaud envisagent avec regret la fermeture du « petit moulin »…

La quatrième visite est au moulin de la Vergne, aux Lucs-sur-Boulogne. La meunerie de la Vergne est probablement multiséculaire. Un règlement d’eau de 1852 la situe « aux temps les plus reculés ». Le moulin actuel est issu d’une première reconstruction en 1849. Ce moulin, c’est l’histoire d’un couple nantais, Louis et Yvonne Massé, qui rachètent cet immeuble, auprès de la rivière, le 2 juin 1979, pour avoir un pied-à-terre en pleine campagne, sans goût particulier pour les moulins. Il est en ruine mais, peu à peu, ils font quelques travaux dans ce modeste logement de campagne et au prix de gros sacrifices financiers, ils cherchent comment ils pourraient rendre au moulin sa fonction. L’été 1993, une roue à aubes neuve « œuvre de deux artisans locaux » est mise en place. Bon gré, mal gré, il faut remettre en état ou recréer toute la machinerie. Le moulin revit en 1996.

Dimanche 26. L’Assemblée Générale ordinaire de la FFAM. Les procès-verbaux vous rendront compte de la présentation des rapports, bilans de l’année écoulée et résolutions. Les questions diverses sont nombreuses. Les débats se prolongent jusqu’à plus de 15 heures.

Compte-rendu sommaire de l’Assemblée générale statutaire

83 associations sur 109 étaient présentes ou représentées. Le quorum étant atteint l’assemblée générale   est ouverte. Des félicitations sont adressées à Robert Birot et à toute son équipe pour leur disponibilité et leur excellent accueil. L’AG prend acte de la démission de J.M Pingault qui a été remercié pour l’ensemble du travail qu’il a effectué pendant presque 10 ans.

Extrait du rapport moral du Président Alain Forsans

L’année 2014 a été marquée par le changement de président à la tête de la FFAM, Annie Bouchard après 2 ans d’administration et 10 ans de présidence désirait prendre du recul. Nous pouvons tous la remercier pour son investissement au service de la FFAM qui de 30 associations en 2014, est passée aujourd’hui à 109. Cette année 2014 a vu le retour de la FFAM au Moulin de la Chaussée à Saint-Maurice.

Cette année 2014 a été marquée aussi par l’inquiétude des adhérents face au PARCE, injuste et contraignant. Ce dossier avait pourtant déjà commencé en 2011, la FFAM avait communiqué force avertissements et conseils sur le site, les flashs et la revue Moulins de France, et tout d’un coup certains découvrent le problème. Depuis le colloque de Cholet en novembre 2010, la FFAM n’a cessé d’alerter les associations sur ce qui allait arriver, en même temps elle avait alerté le ministère de graves dysfonctionnements dans ce dossier. Le ministère avait mandaté 2 représentants du CGEDD, Etienne Lefebvre et Philippe Bellec, pour analyser le mode opératoire de l’administration. Un rapport a été remis fin 2012, il ne sera publié qu’en mars 2013, et, à l’heure qu’il est, ses conclusions, qui nous sont favorables, ne sont pas prises en compte ?

La ligne politique que suit la FFAM est sur 3 axes, le premier est l’implication des associations dans les CLE, les SAGE, les SDAGES et toute réunion ayant trait aux rivières pour contrer à la base les excès de l’administration. Le deuxième est l’alerte de tous les élus, quand on leur explique nos problèmes ils nous comprennent, ce sont eux qui font et défont les lois. Le troisième axe est le conseil juridique et technique à nos associations, la démission de JM Pingault prévisible après le congrès 2014 de Draguignan nous laisse démunis mais le CA avait travaillé sur ce problème et assuré avec l’aide des associations territoriales et locales le suivi des dossiers qui se multiplient tous les jours.

La FFAM grâce aux présidents des associations multiplie les contacts avec les élus en charge du dossier « eau », les résultats commencent à apparaitre, il faut continuer dans cette direction. La FFAM est une fédération ce qui veut dire que sans les associations elle n’existe pas, elle est pourtant nécessaire pour traiter les problèmes d’ordre national, elle ne fonctionne qu’avec les remontées des actions des associations. Je rappelle à tout le monde l’existence du fonds de solidarité, il nous est indispensable pour les actions que nous allons mener. Les donateurs peuvent récupérer 60% de leur don en déduction de leurs impôts sur le revenu.

Le 17 février 2014, Ségolène Royal a lors d’une intervention au Sénat a déclaré que des mesures seraient prises en faveur des moulins à eau et les petits projets hydroélectriques. Nous attendons la suite écrite de cet engagement.

Les associations ont créé la FFAM pour synthétiser leurs actions, restons organisés et unis, c’est un atout très important face à l’administration ; les actions individuelles et isolées discréditent la FFAM. Pour s’exprimer les adhérents disposent de toutes les voies démocratiques pour faire valoir leurs idées. Les élections au Conseil d’administration ont lieu tous les 2 ans et les volontaires seront bien accueillis pour partager la charge de travail qu’est l’animation de la fédération. La FFAM continue sa mission de sauvegarde en améliorant son image.